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Bistrots et cafés de pays - Un voyage gourmand dans l'arrière-pays français

Louise Gaboury   7 janvier 2012  Voyage
On trouve au menu du Bec Figue (Ardèche) une cuisine de grand-mère revue et modernisée comprenant salades, tartes salées, charcuteries et la fameuse caillette.<br />
Photo : Source: Louise Gaboury
On trouve au menu du Bec Figue (Ardèche) une cuisine de grand-mère revue et modernisée comprenant salades, tartes salées, charcuteries et la fameuse caillette.

On en trouve un peu partout dans le Sud de la France, et quelques-uns dans le Nord, nichés dans de petits villages peu peuplés, parfois isolés. Qu'ils soient tenus par des enfants du pays ou non, les bistrots et cafés de village sont souvent les derniers commerces du coin. Dans ce cas, ils peuvent également faire office de tabac, de dépôt de pain ou même de bureau de poste.

Les uns sont nés d'une initiative privée, les autres d'une volonté politique, mais quel que soit leur label, cafés et bistrots ont tant de choses en commun que le commun des mortels ne peut les départager.

Certains coins de pays prennent la chose très au sérieux. C'est le cas de l'Ardèche méridionale, où une permanente s'occupe de l'encadrement des bistrots de pays. Pour Cécile Mathieu, chargée de mission des bistrots de pays de l'Ardèche méridionale, «l'important, c'est de garder le niveau, mais nous y arrivons. Nous proposons aux bistrotiers des ateliers de cuisine, de décoration, d'hygiène, etc. Nous les encadrons pour les animations et nous en organisons nous-mêmes pour mieux faire connaître le concept et bien l'ancrer dans la communauté.»

Il y a autant de diversité côté bistrots que côté cafés. Lieux de rencontre, ils accueillent aussi bien les gens du village que les visiteurs, autour d'un verre, d'un plateau de charcuteries... ou d'une table de billard. Même si certains établissements proposent une cuisine plus sophistiquée, on y mange surtout des choses simples à saveur locale et on y boit le vin de la région.

Pour les gens du pays, ces établissements demeurent de précieux lieux de rencontre. Pour les gens de passage, ils constituent des haltes agréables, ouvertes sur la culture et les produits locaux, et parfois même sur de chaleureux contacts avec les autochtones.

À table!

Il est 13 h sur la rue de l'Église à Oppède. Tout est calme. La France mange. Au carrefour, à l'ombre d'un grand platane, la terrasse du Café des Poulivets est pleine. En cette belle journée de juin, les clients sont surtout étrangers. Ici, on peut manger un plat copieux pour 9 euros. Qui dit mieux? Aujourd'hui en plat du jour, des manchons de canard aux olives servis avec des pâtes au gratin et une bohémienne (ratatouille). Pour 11,90 euros, on a droit en plus à une entrée ou un dessert, et pour 13 euros, à la totale: entrée, plat et dessert. Le vendredi, c'est jour d'aïoli provençal. Le prix passe alors à 16 euros, ce qui demeure tout à fait raisonnable. Ouvert du matin au soir, le café ne sert que le repas du midi. Le soir, on y propose des plateaux pour accompagner l'apéro.

L'imprévu est le dernier-né des bistrots de pays du Vaucluse. Point de rencontre des gens du village des Beaumettes, ceux-ci viennent y prendre un verre, surfer sur Internet, acheter le pain et le journal ou jouer au billard. Les patrons, un couple installé ici il y a un an, servent une cuisine simple à base de produits locaux, comme le délicieux melon de Cavaillon apprêté en salade.

Il y a toujours foule Chez Claudette, qui officie là depuis plus de 40 ans, mais ne s'affiche bistrot de pays que depuis l'été 2009. Elle cuisine elle-même les plats principaux, alors que sa fille Sonia signe hors-d'oeuvre et desserts. Ouvert de l'aube à la fin de la soirée, l'établissement, qui abrite un comptoir postal, ne sert que le repas du midi. Il suffit de débourser 11 euros pour se régaler, au buffet de hors-d'oeuvre, d'un des deux plats proposés, d'un dessert et de vin! La maison ne sert que du vin des caves de la région. La viande vient de la boucherie du village voisin, propriété du fils de la patronne, et les fruits et légumes, du marché.

Superbement installé au coeur de Labeaume depuis 2004, Le Bec Figue déploie sa belle terrasse colorée à côté de l'église atypique de ce village de caractère. Ici, pas de pizza, ni de frites. On trouve au menu une cuisine de grand-mère revue et modernisée comprenant salades, tartes salées, charcuteries et la fameuse caillette. «Tout est fait maison. Quand il n'y en a plus, il n'y en a plus!», commente Pierre, le patron. L'assiette du bistrot est à 12,50 euros et la planche ardéchoise, à 14 euros. Les soirs d'été, on fait deux services et les réservations sont essentielles. En annexe, une petite épicerie de dépannage où les gens du coin peuvent s'approvisionner en pain, légumes, etc., et les voyageurs de passage se procurer quelques produits locaux.

Avec sa jolie terrasse, son petit bar, sa grande salle et son menu composé à partir des produits du terroir, l'Auberge de la Farigoule respire le bonheur de la patronne, Brigitte, une femme joviale dont l'époux est producteur de truffes. Miam! Le porc servi là, comme celui avec lequel on concocte l'excellente caillette, spécialité locale, provient de cochons élevés en plein air dans le coin, et les légumes, du potager du fils. Brigitte connaît la provenance de ses produits et peut transmettre ses bonnes adresses aux visiteurs. La maison est recommandée par Le guide du routard depuis près d'une décennie.

Les premiers cafés de pays gardois sont nés dans les Cévennes il y a une trentaine d'années. Au Café de la place, à Lasalle, typique village cévenol où se tient un important festival du film documentaire, des informations sur le village ont été incluses dans le menu. Comme son nom l'indique, ce café se dresse sur la place devant le temple, au centre de l'action où les joueurs de pétanque se rencontrent tous les jours. On peut y goûter la région sans se ruiner: plat du jour à 7 euros, menu enfants, sandwichs à 2,50 et 3,50 euros, omelette à 5 euros. Le vin du pays se vend 1,20 euro le verre: 8 euros le litre! Le patron, Gilles, vient du village voisin. Les gens du coin viennent acheter le fromage de chèvre local et s'attardent le temps d'un café.

À Colognac, Anne a repris la grande maison de ses arrière-grands-parents, où logeait auparavant l'ancien temple protestant. Elle en a fait un café de pays, le Café de la place, qui fait également office de petite épicerie et de dépôt de pain depuis la fermeture de la boulangerie voisine. À l'heure de l'apéro, des couples viennent prendre un verre en jetant un coup d'oeil sur les enfants qui s'amusent sur la place. Le soir, on peut manger pour 16 euros un repas qui comprend salade, plat (souvent tarte à l'oignon, une spécialité locale), dessert et vin. Le fromage de chèvre vient de l'élevage de Marylène, les légumes du potager de ses parents, et l'agneau, quand il y en a au menu, de chez Gérard, là-haut. Traçabilité, vous dites?

Bistronomie de pays

Les uns comme les autres ont pris leur expérience ailleurs et ont voulu rentrer au pays pour jouir d'une meilleure qualité de vie et partager leur passion pour la gastronomie à plus petit prix.

Camille et Richard ont fait leurs classes dans les grandes maisons de la Côte d'Azur, où ils se sont rencontrés. Elle est aux fourneaux. Il est au bar. Chez Camille a pris le relais d'une maison qui a fonctionné pendant près de 50 ans. C'est là qu'on fête les mariages et les baptêmes qui ponctuent la vie des villageois. Camille et Richard continuent cette tradition dans leur bel établissement labellisé «Bistrot de pays» en 2011. Côté bar, c'est bistrot et côté salle, bistronomie.

Après avoir eux aussi travaillé dans les palaces de la Côte d'Azur, Julie et Cyril se sont repliés sur les Cévennes pour préserver leur vie de famille. Il est du pays, elle non. Ils ont récemment acheté le Café de pays Lou Regalou, qui avait déjà pignon sur rue à Saint-Martial, charmant village de caractère. L'établissement existait depuis plus de 20 ans. La clientèle était composée d'habitués et de touristes pendant l'été. Il compte cinq chambres sympas louées 60 euros, ou 95 avec la demi-pension. «Nous mettons l'accent sur la restauration», précise Julie. Et ils ont bien raison. Leur table est superbe. Ils proposent deux menus, l'un à 18 euros, l'autre à 26. Les produits sont frais et bien travaillés et les présentations, spectaculaires. Par beau temps, on peut manger sur la terrasse avec vue sur le va-et-vient du village.

Voilà de bien sympathiques établissements à inclure à un itinéraire de vacances qui passera par d'étroites routes de campagne s'ouvrant sur des paysages souvent sauvages, parfois spectaculaires. La perspective d'un bon repas dans un lieu agréable vaut bien le risque de s'égarer temporairement dans le dédale des routes moins fréquentées de la campagne française.

Au Québec

Les bistrots et cafés de pays ont fait des petits. Au Québec, on les connaît sous le nom de cafés de village. On en trouve une dizaine dans les Cantons-de-l'Est.

***

Carnet d'adresses

Le Café des Poulivets
Oppède, Vaucluse
www.cafedespoulivets.com

Chez Claudette
Saint-Roman de Malegarde, Vaucluse

Le Bec Figue

Labaume, Ardèche
www.bistrot-du-pays.com

Auberge de la Farigoule

Bidon, Ardèche
www.aubergelafarigoule-bidon07.com

Café de la place
Lasalle, Gard

Café de la place
Colognac, Gard
www.gitescolognac-cevennes.fr

Chez Camille
Flassan, Vaucluse
www.restaurant-chezcamille.e-monsite.com

Lou Regalou

Saint-Martial, Gard
www.restaurant-cevennes.fr
www.bistrotdepays.com

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Les cafés de pays dans la revue Espace
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Un 3ème café de Pays en Lozère
Article du Midi Libre
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Boléga Païs dans l'Aude : au rendez-vous des cafés de Pays

 

 

 

Retrouvez toutes les photos et commentaires sur l'animation au Lézard Bleu du 05 juin dernier...

L'Hérault du jour du 25 avril 2010 - Le Grand Café Joucla à Camplong
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Vivre en Languedoc Roussillon -mars 2010 Vivre en Languedoc Roussillon -mars 2010
Article Café de Pays paru dans Reizen
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